Les résultats des deux tours des élections régionales, notamment l'abstention record constatée en la circonstance, à Mézières-sur-Seine comme partout ailleurs dans le pays, ont envoyé au monde politique un message clair et sans ambigüité de défiance autant que de désintérêt.
Ce message repose sur des causes sans doute multiples, mais est à n'en point douter la conséquence de trois absences qui me paraissent essentielles:
Absence tout d'abord de lisibilité du mille-feuilles administratif de notre pays constitué par les nombreuses instances décisionnaires : l'Europe et ses différentes présidences (parlement, commission), l'Etat, le parlement, les régions, les départements, les communes, les communautés d'agglomérations, les communautés de communes, les villes nouvelles, les pays,….
Nos compatriotes ont bien du mal à s'y retrouver dans cet écheveau, les prises de décision et les financements étant le plus souvent croisés et multiples.
Absence de visibilité de l'action gouvernementale ensuite, les réformes engagées ou à venir (régimes de retraite, fiscalité, réforme des collectivités territoriales, …), nécessaires pour l'avenir de notre pays, ne sont pas suffisamment expliquées et en l'absence de hiérarchisation claire entretiennent une certaine confusion dans la perception que nous en avons.
Absence de crédibilité des dirigeants politiques enfin qui passent désormais le plus clair de leur temps à alimenter des polémiques, proférer des phrases assassines et pratiquer la langue de bois, et, en désertant le terrain des idées, alimentent ainsi le manque d'appétence des français pour l'exercice de la démocratie.
Il n'est pas étonnant, dans ces conditions, que de nombreux électeurs aient choisi indifféremment de sanctionner le gouvernement en place, de préférer des solutions extrêmes ou de faire confiance à des coalitions d'intérêts sans lendemain.
Le Président
Jean-François FASTRE